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Flash-info du patrimoine
Langues régionales d'Auvergne-Rhône-Alpes
 

Carte n°1

Géographie

Comme on peut le voir sur la carte n° 1, dans la nouvelle région Auvergne-Rhône-Alpes sont parlées trois langues régionales : l’occitan, le francoprovençal [1] et la langue d’oïl. Cette dernière n’est employée que dans le département de l’Allier, au nord d’une ligne Vichy – Montluçon. L’occitan (principalement sous ses variétés auvergnate et vivaro-alpine) est parlé dans le sud de l’Allier[2], le Puy-de-Dôme, le Cantal, la Haute-Loire, l’Ardèche, la Drôme ainsi que dans le sud de l’Isère et l’extrémité sud de la Loire. Le francoprovençal est utilisé dans les départements de la Loire, du Rhône, de l’Ain, de la Haute-Savoie, de la Savoie, de l’Isère (2/3 nord) ainsi que dans quelques communes situées à l’extrémité nord des départements de l’Ardèche et de le Drôme. Ces langues connaissent en fait une large diffusion puisque, comme le montre la carte n° 2, elles couvrent la très grande majorité de la France métropolitaine et débordent même sur certains pays voisins. La langue d’oïl est parlée dans la moitié nord de la France et l’un de ces dialectes – celui qui était parlé dans l’Ile-de-France – est devenu le français. L’occitan est parlé dans tout le tiers sud du pays. Le francoprovençal est parlé dans le centre-est de la France ainsi qu’en Suisse romande et au Val d’Aoste. La nouvelle région Auvergne-Rhône-Alpes est très représentative de la richesse linguistique de la France puisque, sur son territoire, sont parlées les trois langues qui sont géographiquement les plus importantes et que les linguistes appellent « galloromanes ».

 

 

Carte n°2

Origines

Ces langues sont des langues romanes : elles viennent du latin, plus précisément du latin vulgaire (on nomme ainsi le parler des soldats romains qui ont conquis la Gaule et des marchands qui les ont suivis). Ce sont donc des langues de même origine que l’italien, l’espagnol ou le portugais par exemple. Comme sur le territoire de l’ancienne Gaule ce latin avait conservé quelques traces du gaulois, la langue parlée avant le latin, on les a dénommées plus précisément galloromanes.

Bien que langues sœurs, l’occitan, le francoprovençal et la langue d’oïl présentent des différences importantes. L’occitan est la langue qui est restée la plus proche du latin (elle présente beaucoup de traits communs avec l’espagnol). Le francoprovençal a connu plus d’évolution que l’occitan mais moins que la langue d’oïl qui est la langue qui s’est le plus éloignée du latin, notamment en raison de l’influence des Francs. Les parlers d’oïl du Bourbonnais sont les plus proches du français puisque, comme cela a été précisé, notre langue nationale vient du dialecte d’oïl parlé dans l’Ile de France.

Langues orales mais aussi écrites

Nos langues régionales sont des langues orales, mais ce sont aussi des langues écrites. Des oeuvres remarquables ont été écrites dans ces langues, comme le montrent les deux anthologies publiées récemment grâce au soutien de la Région Rhône-Alpes : Huit siècles de littérature francoprovençale et occitane en Rhône-Alpes[3] et Huit siècles de littérature occitane en Auvergne et Velay[4]. Il faut savoir que l’occitan, dont la production littéraire a toujours été importante et de qualité, a été, grâce aux troubadours du Moyen Age[5], la première langue de culture européenne et qu’en 1904 Frédéric Mistral a reçu le prix Nobel de littérature pour son œuvre écrite en provençal. La littérature en francoprovençal a connu moins d’éclat que la littérature occitane, mais depuis les textes rédigés au XIIIe siècle par la moniale mystique Marguerite d’Oingt (ces textes constituent les premiers documents littéraires rédigés en francoprovençal) de nombreux auteurs ont rédigé des œuvres intéressantes écrites en langue francoprovençale[6].

 

Un riche patrimoine ancien, mais aujourd’hui en danger

Dans un passé qui n’est pas si lointain, pour des raisons purement idéologiques, on a dénigré et cherché à faire disparaître nos langues régionales. Il faut définitivement arracher le voile de mépris à la fois stupide et injuste qu’on a jeté sur elles. Ces langues, que certains qualifient encore de langues du passé, sont aussi des langues d’aujourd’hui et de demain car elles sont capables, comme n’importe quelle autre langue du monde, d’exprimer la modernité et de favoriser la création culturelle (notamment sur le plan de la littérature, du théâtre, de la chanson). Mais, en plus, en cette période de globalisation et de mondialisation qui dépersonnalise et prive beaucoup de gens de leurs racines, elles apportent une touche particulière d’identité et un enracinement au terroir. Le global et le local sont en fait complémentaires[7] pour l’équilibre humain.

Si le patrimoine est, comme le précisent les dictionnaires, ce qui a été transmis par les ancêtres, les générations précédentes, ces langues sont assurément un patrimoine puisqu’elles ont été formées et transmises par la soixantaine ou la « septantaine » de générations qui se sont succédé sur cette aire depuis que le latin a progressivement remplacé le gaulois. S’étant développées sur notre sol depuis plus d’un millénaire et demi, elles sont capables, plus que toute autre langue, d’en traduire toutes les couleurs et toutes les saveurs. Elles constituent un patrimoine régional, mais aussi un patrimoine de l’humanité, car chaque langue est une façon particulière de lire le monde et d’exprimer la pensée. C’est pour cela que l’UNESCO et le Conseil de l’Europe notamment préconisent de faire le maximum pour sauver les langues en danger.

 

 

[1] Appelé aussi arpitan par certains militants.
[2]
Cet espace constitue l’est du « croissant linguistique » (aire en forme de croissant allant de la Charente à l’Allier et formant une zone de transition entre l’occitan et la langue d’oïl).

[3]
Jean-Baptiste Martin et Jean-Claude Rixte, LivresEMCC, Lyon, 2O11.

[4]
Jean Roux, LivresEMCC, Lyon 2015.

[5]
Plusieurs troubadours célèbres étaient originaires de notre région, notamment Beatritz de Dia (plus connue sous le nom « Comtesse de Die »), Peire d’Auvernhe, Peire de Vic, Peire Cardenal. Parmi les très nombreux auteurs qui ont écrit après le Moyen Age, on peut citer pour la partie auvergnate : François Pezant, Natalis Cordat, Claude Laborieux, françois de Murat, Charles-Antoine Ravel, Jean-François Meiller, Arsène Vermenouze, Henri Gilbert, Pierre Bonnaud, Josiane Guillot, Jean Roux… et pour la partie rhônalpine : Eloi Abert, Roch Grivel, Louis Moutier, Jules Froment, Roger Pasturel, Jean-Claude Forêt…

[6]
Parmi les auteurs les plus importants, on peut citer dans l’ordre chronologique : le Savoyard Nicolas Martin, le Grenoblois Laurent de Briançon, les Bressans Bernardin Uchard et Brossard de Montaney, le Grenoblois Jean Millet, le Stéphanois Jean Chapelon, le Grenoblois Blanc-la-Goutte, le Ripagérien Guillaume Roquille, les Savoyards Joseph Béard et Amélie Gex, le Roannais Louis Mercier…Il faut aussi savoir que l’hymne national genevois, qui célèbre l’échec de l’escalade de Genève par les Savoyards en décembre 1602, a été composé en francoprovençal.

[7]
Pour indiquer cette complémentarité, les sociologues ont récemment créé le mot « glocal », hybridation entre « global » et « local ». 

Tot  rat que se fisa mas d’un pertus es fotut. 

Tout rat qui ne se fie qu’à un trou est perdu.

(proverbe en occitan auvergnat)

 

A ta pourta ‘na sonnaille                                                 A ta porte une sonnette

A ton cœur poêint de sarraille.                                    A ton cœur point de serrure.

(dicton en francoprovençal savoyard)

 

Pour écouter du franco-provençal, voir le tout nouveau site d'enseignement du Franco-provençal : http://www.francoprovencal.online/ et le site de La Salévienne : http://la-salevienne.org/dialecte.php

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